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Description des bandes
Les blots de Labodia sont produits à partir d'une souche de B. garinii. Des
blots préparés à partir de B. burgdorferi ss auraient un aspect très
semblable mais présenteraient une bande d'Osp B, une protéine qui n'est pas
exprimée par B. garinii. Des blots produits avec B. afzelii seraient assez
différents et montreraient des bandes de bas poids moléculaire (inférieur à
20 kDa).
Le tableau ci-dessous décrit la plupart des protéines qui peuvent être
révélées par le sérum d'un patient sur un blot IgG. Seules 5 d'entre elles
doivent être identifiées par l'utilisateur pour établir un diagnostic.
| PM |
Description |
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93 kDa |
p100
: protéine chromosomique très spécifique du genre Borrélia; la
réponse des patients est surtout de type IgG et apparaît au cours des
infections chroniques; les bandes à 93 kDa sont étroitement associées aux
stades tardifs des borrélioses. |
| 73
kDa |
Bande spécifique correspondant probablement à l'ADN bactérien. |
| 62-72
kDa |
Protéines de choc thermique (HSP); ces bandes ne sont pas spécifiques d'une
borréliose et se retrouvent après de nombreuses infections bactériennes. Sans
valeur diagnostique. |
| 66
kDa |
Marqueur spécifique des borrélioses, dépend de l'espèce infectante.
|
| 60
kDa |
Antigène commun à beaucoup de bactéries.
Sans valeur diagnostique. |
| 58
kDa |
Marqueur spécifique des borrélioses, dépend de l'espèce infectante. |
| 46
kDa |
Marqueur spécifique des borrélioses, dépend de l'espèce infectante. |
| 41
kDa |
Flagelline : cette protéine n'est pas spécifique du genre Borrelia mais est
prise en compte lors de l'interprétation des résultats; il existe des
réactions croisées avec d'autres spirochètes; une bande de flagelline
apparaît dans les stades précoces comme dans les infections chroniques.
|
| 39
kDa |
p39
: protéine très spécifique du genre Borrelia. |
| 37
kDa |
Cette
protéine est considérée comme un marqueur des
infections précoces mais sa spécificité exacte est mal
connue. |
| 32,5
kDa |
Osp A : protéine de surface très spécifique de B. garinii. |
| 28
kDa |
Osp D : protéine de surface. |
| 22-23
kDa |
Osp C : protéine de surface très spécifique de B. garinii et marqueur des
infections précoces. |
| 18
kDa |
p18 : cette protéine spécifique est un excellent marqueur des infections
chroniques. |
Tableau X :
bandes protéiques décelables sur les blots Labodia (IgG).
Le système de score de Labodia
Aux Etats-Unis, le CDC a établi des règles précises pour l'interprétation
des Western blots. En Europe, en dépit des efforts de l'EUCALB, il n'a pas
été possible d'aboutir à un consensus. Notre approche diffère des critères
américains. Au lieu de demander à l'utilisateur d'identifier un grand nombre
de bandes (par ex. au moins 8 sur un total de 13 pour un résultat positif),
nous avons préféré nous concentrer sur 5 ou 6 bandes, y compris des
protéines très spécifiques (p39, Osp A, Osp C, p18) et d'évaluer en outre
leur intensité. Cette méthode présente 3 avantages :
| u |
Pour l'utilisateur, le temps de lecture est réduit et, surtout, le risque
d'erreur est limité. |
| u |
Dans le cas des blots IgM où les profils ne présentent que peu de bandes
(en général 2), nous pouvons utiliser un marqueur assez peu spécifique, la
flagelline, car une bande intense est significative tandis qu'une bande faible
est courante dans la population normale. |
| u |
S'habituer à évaluer l'intensité des bandes est très
utile lorsqu'il
s'agit d'interpréter des paires d'échantillons sans séroconversion. |
Notre système de score a été validé sur de très nombreux cas cliniques.
Des simulations sur ces données ont montré que le fait d'inclure des bandes
supplémentaires dans l'analyse des résultats n'améliorait en rien la
sensibilité et la spécificité des trousses.
Comment ça marche ?
Chaque coffret contient un cadre de lecture composé d'une bandelette
exposée au contrôle positif de la trousse fixé sur une carte référençant
les principales bandes visibles sur cette bandelette. Dans la notice
d'utilisation de la trousse figurent les intensités de 3 de ces bandes,
exprimées en points sur une échelle de 1 à 3. La p39 aura, par exemple,
toujours une intensité de 1 point tandis que la flagelline aura une intensité
de 2 ou de 3 points (selon le lot de contrôle positif). L'utilisateur identifie
d'abord les bandes caractéristiques puis évalue leur intensité selon cette
échelle. En additionnant les points obtenus pour chacune des bandes, on obtient
le score de l'échantillon et on peut ainsi rendre un résultat positif ou
négatif.
Les bandes à évaluer sont les suivants : p100, flagelline, p39, Osp A, Osp
C et dans les cas d'échantillons faiblement réactifs en IgG, p18.
Lecture des profils IgM
Dans les cas d'arthrite de Lyme et d'acrodermatite, la détection des IgM est
dépourvue d'intérêt. Dans ces infections tardives, un immunoblot IgG suffit
à fournir un résultat positif. En IgM, le résultat peut être négatif ou
positif, mais est de toute façon sans valeur diagnostique. Par contre, dans les
cas d'érythème migrant et de neuroborréliose (cette présentation clinique
recouvre des stades précoces comme des infections chroniques), la recherche des
IgM est absolument indispensable.
Dans notre étude, la recherche des IgG et des IgM en parallèle a fourni une
sensibilité de 97 % pour les EM et les neuroborrélioses alors que la seule
recherche des IgG donne une sensibilité de 77 %.
 |
| Fig.
20. Influence de la recherche en parallèle des IgG et des IgM sur la
sensibilité des immunoblots. |
Les blots positifs en IgM présentent presque toujours
2 bandes, parfois 3 :
- la flagelline
(p41) est présente dans 100 % des cas d'érythème
migrant et
de neuroborréliose,
- l' Osp C
(22-23 kDa) est présente dans 80 % des
érythèmes migrants et des neuroborrélioses,
- l' Osp A
(32,5 kDa) est assez rare dans les érythèmes migrants et est
présente dans 10 à 20 % des neuroborrélioses.
| < 4 points |
Négatif |
| = 4 points |
Négatif si l'Osp C et la
flagelline ne sont pas visibles |
|
Positif si l'Osp C et la flagelline sont présentes |
| > 4 points |
Positif si l'Osp C et la
flagelline sont présentes |
Tableau XI :
Critères d'interprétation des immunoblots IgM (Labodia). |
Toutefois, ni la flagelline ni l'Osp C ne sont très spécifiques d'une
infection en cours. Dans les zones d'endémie telles que la Suisse, 70 % de la
population normale présentent une bande de flagelline. Pour l'Osp C, la
proportion tombe à 20 %. L'Osp A, par contre, est un marqueur spécifique que
l'on ne retrouve pas dans la population normale.
L'intensité de la flagelline fournit une aide appréciable au diagnostic
différentiel : la bande est généralement faible (intensité d'un point) dans
la population normale et plus marquée (2 points) en cas d'érythème migrant ou
très forte (3 points) en cas de neuroborréliose. La même remarque s'applique
à l'Osp C. Cette bande est souvent très intense sur nos blots car la souche
VS102 qui est utilisée pour leur préparation exprime fortement cette protéine.
 |
Fig. 19. Immunoblot IgM (cadre de
lecture de la trousse). |
Sur ce cadre de lecture, l'échelle d'intensité est définie comme suit :
1 point : bande à 60 kDa
2 points : flagelline
3 points : Osp C
La bande à 60 kDa sert uniquement d'exemple de bande de faible intensité et
ne doit jamais être inclue dans le calcul du score de l'échantillon.
Si cette bandelette était considérée comme un échantillon de patient, le
score serait de : 2 (Osp C) + 2 (flagelline) = 5 è
positif.
Lecture des profils IgG
Trois approches peuvent être envisagées pour l'interprétation des blots
IgG :
Three different approches can be considered for IgG blot
interpretation:
- Analyse standard utilisant le système de score de
Labodia : l'interprétation
est liée aux 5 ou 6 bandes figurant en gras sur le cadre de lecture.
- Certains laboratoires ajoutent aux résultats positifs un commentaire
concernant la probabilité d'une infection précoce ou tardive.
- Approche qualitative utilisant plus de 6 bandes.
u
Analyse standard
La figure 20 montre un cadre de lecture typique de la trousse. L'échelle
d'intensité est définie comme suit :
1 point : Osp A
2 points : 60 kDa
3 points : flagelline
 |
Fig. 20. Immunoblot IgG (cadre de lecture de la
trousse). |
Les bandes utilisées pour l'interprétation sont décrites dans le tableau
XII
| PM |
Description |
|
93 kDa |
p100 : bande nette d'intensité variable (3 points dans le cas de la fig. 20
) figurant toujours à l'extrémité supérieure de la bandelette. |
| 60
kDa |
Cette bande n'a pas de valeur diagnostique mais est indiquée pour 2 raisons
:
-
elle sert d'exemple d'intensité de bande,
-
comme elle est présente sur la quasi totalité des bandelettes de patients,
elle peut être utilisée comme la ligne de départ (index line) pour aligner
une bandelette avec le cadre de lecture.
|
| 41
kDa |
Flagelline : lorsque cette bande est présente, elle est large (apparaît
parfois comme un doublet). La flagelline doit être présente sur les blots
positifs mais son intensité est un critère d'interprétation majeur parce
qu'elle est également présente dans 90 % de la population normale. |
| 39
kDa |
p39 : lorsqu'elle est présente, il s'agit toujours d'une bande faible et
étroite (1 point) située juste sous la flagelline. Dans la plupart des cas, la
p39 forme un triplet caractéristique avec la flagelline et la bande à 37 kDa. |
| 37
kDa |
Cette bande n'est pas à prendre en considération lors du calcul du score
mais elle est indiquée pour éviter toute confusion avec la p39 (la bande à 37
kDa est plus fréquente que la p39). |
| 32.5
kDa |
Osp A : lorsqu'elle est présente, cette bande est assez large mais souvent
de faible intensité (1 point dans le cas de l'exemple). |
| 28
kDa |
Osp D : non comprise dans le score. |
| 22-23
kDa |
Osp C : lorsqu'elle est présente, la bande est large et souvent très
intense (2 points dans le cas de l'exemple). |
| 18
kDa |
p18 : lorsqu'elle est présente, il s'agit d'une bande étroite,
d'intensité variable (1 point dans le cas de l'exemple) située
à l'extrémité inférieure de la bandelette.
|
Tableau XII :
Bandes figurant sur les cadres de lecture IgG.
L'interprétation des résultats est basée sur 5 bandes, sauf si la
bandelette présente plusieurs bandes faibles dont des bandes spécifiques. Dans
ce cas, on inclut la p18 dans le calcul du score.
| < 4 points |
Négatif |
| 4
- 5 points |
Négatif si seules 3 bandes (y compris la
p18) sont présentes |
|
Faible positif si la flagelline et 3 bandes spécifiques (y compris la p18) sont
présentes |
| 6 points |
Négatif si seules 3
bandes sont visibles |
|
Positif si 3 bandes spécifiques au moins sont présentes |
| >
7 points |
Positif |
Tableau XIII
:
Critères d'interprétation des immunoblots IgG (Labodia). |
Calcul du score dans le cas de la figure 20 :
3 (93 kDa) + 3 (41 kDa) +1 (39 kDa) +1 (32,5 kDa) +2 (22-23 kDa) = 10 points è
positif.
Profils IgG dans les érythèmes migrants
Deux paramètres doivent être pris en considération à ce stade précoce de
l'infection.
- Les échantillons positifs présentent généralement peu de bandes.
- Dans les zones d'endémie, beaucoup d'individus sains conservent parfois
pendant
plusieurs années des cicatrices immunologiques d'une exposition antérieure à
Borrelia.
Dans ces conditions, il est souvent utile d'inclure la
p18 dans
l'interprétation, sachant qu'elle n'est présente que dans 25-30% des
érythèmes migrants mais qu'elle est quasiment toujours absente chez les sujets
sains.
Comme les blots IgM, les blots positifs en IgG présentent presque toujours
une forte réaction à la flagelline. L'Osp C est très courante, la p39 assez
rare et l'Osp A est présente dans la moitié des cas.
La détection en parallèle des IgM est indispensable.
 |
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Fig. 21. Profils IgG dans les érythèmes migrants : fréquence des bandes
(bas) et intensité moyenne (haut). |
Si le diagnostic est négatif ou douteux, on demandera un échantillon
supplémentaire après quelques semaines. Les paires d'échantillons doivent
être testées lors de la même manipulation et avec le même lot de
bandelettes.
Profils IgG dans les arthrites
L'interprétation est généralement très aisée car à ces infections
chroniques correspondent des profils très spectaculaires, riches en bandes de
forte intensité. Toutes les bandes spécifiques sont généralement présentes
à l'exception de l'Osp A (50 % des positifs dans notre étude).
 |
|
Fig. 22. Profils IgG dans les arthrites chroniques : fréquence des bandes. |
Profils IgG dans les
acrodermatites
Globalement, les échantillons positifs fournissent des résultats semblables
à ceux observés dans les cas d'arthrite : scores élevés, nombreuses bandes
(avec la même remarque concernant l'Osp A).
Toutefois, inclure la p18 dans le calcul du score peut s'avérer utile si
l'échantillon est faiblement réactif. La plupart des acrodermatites sont dues
à B. afzelii et les réactions croisées entre protéines de B. garinii et B.
afzelii sont moins bonnes qu'avec les protéines de B. burgdorferi ss.
Profils IgG dans les neuroborrélioses
Comme cette présentation inclut des infections précoces et tardives, les
profils IgG peuvent s'apparenter à ceux des arthrites comme à ceux des
érythèmes migrants. Inclure la
p18 dans le calcul du score peut s'avérer utile si
l'échantillon présente de nombreuses bandes de faible intensité.
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Fig. 23. Immunoblots IgG dans les neuroborrélioses : fréquence des bandes. |
Si les immunoblots de Labodia doivent être utilisées pour tester des
échantillons de LCR, le système de score ne peut pas leur être appliqué et
l'interprétation se fera uniquement à partir de la présence ou de l'absence
de bandes dans le LCR.
u
Infection précoce ou tardive
?
Cette évaluation se fait surtout à partir de profils
IgG car la présence
d'IgM (flagelline et Osp C) n'est pas incompatible avec une infection tardive;
on a observé la persistance d'IgM dans certaines arthrites plusieurs mois
après l'antibiothérapie.
D'une manière générale, plus le profil IgG est riche en bandes, plus les
chances d'être en présence d'une infection chronique sont grandes.
En outre, on considère que les premières bandes à apparaître sont la
flagelline et les protéines de surface (Osp A et Osp C) ainsi qu'une bande à
37 kDa.
A côté de ces marqueurs typiques des infections débutantes, d'autres
bandes viennent s'ajouter lorsque l'infection devient chronique : la p100 (93
kDa) et la 18 kDa.
u
Analyse de bandes supplémentaires
Lors de la mise au point de la trousse IgG, il ne nous est pas paru possible
d'augmenter la sensibilité de la trousse vis-à-vis des EM ou des
neuroborrélioses en incluant des bandes supplémentaires dans l'analyse des
résultats. Ces bandes sont donc décrites à titre indicatif.
 |
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Fig. 24. Bandes supplémentaires sur les blots IgG. 73 kDa
: sur le cadre de lecture, c'est la première bande nette en-dessous
de la p100.
66 kDa : sur le cadre de lecture, une bande nette, intense, au-dessus de la
bande de 60 kDa.
58 kDa : il s'agit d'une bande étroite et de faible intensité qui est
néanmoins bien visible sur le cadre de lecture, juste au-dessous de la bande de
60 kDa.
46 kDa : cette bande étroite est située à mi-chemin entre la p41 et la
bande de 60 kDa. |
Suivi des malades
Dans les cas de borrélioses chroniques (arthrite, acrodermatite,
neuroborréliose tertiaire), le traitement nécessite une antibiothérapie
massive. On demande souvent au laboratoire d'évaluer le succès de ce
traitement. On notera que le Western blot n'est pas la technique idéale pour
répondre à cette question mais la PCR, la culture ou les tests de détection
d'antigène ne sont pas plus satisfaisants.
On appliquera à ce contexte les 4 règles suivantes :
| 1. |
Ne rechercher que les IgG. |
| 2. |
Demander une prise de sang avant et après traitement. |
| 3. |
Veiller à ce que la deuxième prise de sang soit distante d'au moins 3
mois de la fin du traitement. |
| 4. |
Tester les 2 échantillons en parallèle avec le même coffret (ne pas se
fier à une bandelette archivée correspondant à la situation avant traitement). |
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